MESTRON, Images d’Épinal. Le Musicos

roman | format 11×18 cm | 96 pages | éditeur Symétrie

10,00 TTC

Le pire pour un célibataire, c’est la bouffe. À une époque, je plaçais un miroir devant moi. Je me regardais manger, je me parlais, je me souriais, mais très vite, une sorte de ronron s’est installé. Je me curais les dents avec ma fourchette et la personne en face de moi faisait pareil. J’attrapais les spaghetti avec les doigts, hop, elle m’imitait. Je faisais la gueule, bing, kif-kif, elle me renvoyait une bouille de six pieds de long.

Ça n’a pas été facile, mais j’ai fini par me demander le divorce. Puis pour ajouter une charge symbolique, j’ai brisé le miroir, posé ma contrebasse à l’autre bout de la table et, à partir de ce jour, mes problèmes de couple se sont tassés. Tout baigne. Jamais un mot plus haut que l’autre. Respect mutuel. On travaille ensemble mais c’est boulot boulot. Quand on a quelque chose à se dire sur le mode intime, on attend d’être seuls à la maison ou, dans la plupart des cas, dans une chambre d’hôtel.