Mémoires d’un bâton d’encre

Dans la pratique chinoise traditionnelle de la peinture, le bâton d’encre de Chine sêchée est frotté dans un lent mouvement de va-et-vient sur une pierre évidée, avec une minimale quantité d’eau, afin de produire la peinture liquide qui sera bue par capilarité par le pinceau puis déposée sur la feuille. Les carnets dont le présent livre se fait l’écho ont été réalisés avec une technique plus directe, qui met en contact le bâton lui-même avec une feuille préalablement humectée. Cette technique autorise des noirs très profonds et correspond à une sorte d’intermédiaire entre l’aquarelle et le pastel, tout en ne permettant la maîtrise d’aucun des deux. Au fil des pages, dans l’histoire de cette exploration de nouvelles sensations kinestésiques, plastiques et visuelles, un dialogue s’est écrit avec l’eau et avec le temps, en même temps qu’un autre carnet se remplissait de bribes de pensées griffonnées avec une simple pointe de graphite. En mêlant à nouveau ce texte et les dessins d’encre qui furent contemporains, c’est à une étrange aventure imaginaire que nous sommes conviés, une improvisation qui raconte sa propre histoire, et qui interpelle en permanence les différents niveaux de rémanence qui irriguent notre manière d’être, jusqu’à comprendre à la fin que tout cela est une immense partition.

29,00 TTC

CHOUVEL Jean-Marc