Désarrois

Cet écrit relate une recherche de père poussée toujours plus à l’est. Un père forcément introuvable. Il intègre, dans le cours de cette recherche, un dialogue imaginé entre Louisa, celle qui cherche et Louisa celle qui a fait le voyage et s’interroge sur le sens de tout cela. Il y a donc ma voix de maintenant, l’actuelle, et la Louisa de ce temps-là, plus lointaine qui va au pas du récit.

Ce n’est pas un dédoublement. Plutôt, sur un mode parfois dubitatif n’excluant pas l’autodérision, deux voix déclinant l’identité que le franchissement d’une certaine ligne met à l’épreuve. La « ligne » concrétisée par le mur de fer est aussi celle qui détache l’après de l’avant. Passée de l’autre côté, la voix de Louisa semble bien être sortie de l’ancienne. Ayant pris son indépendance, elle parle en surimposition comme pour perturber la missionnaire partie sans mission sauf celle intérieure de retrouver les traces d’une famille décimée durant la dernière guerre. Le rapport à l’institution est posé qui complique le jeu de la nomination eu égard à un peuple. L’affaire qu’on pourrait croire identitaire donne relief à ce qui sortira de cette quête quasi-animale moins cependant pour couvrir la voix de la Louisa d’avant que pour recomposer les moments d’une réparation forcenée, après disparition.

D’une rive à l’autre, c’est un passage que tout un chacun peut connaître. Que voit la Louisa d’après quand elle se tourne vers la Louisa d’avant est le sujet en question, le seul en cause, bien plus que l’affaire d’une identité à retrouver ou à recoller.

20,00 TTC

SOULEZ Antonia